27.11.05
Geishas et Samouraïs
Nous ne pouvons pas répondre individuellement au courrier volumineux suscité par ce blog. Nous vous remercions pour vos éloges et tenons à vous expliquer, comme le réclament vos lettres passionnées, l'origine de son titre.
Nos visiteurs des premières heures auront remarqué que ce titre avait fait l'objet d'une modification: de Jeunes Femmes et Vieux Messieurs, il est devenu Vilaines Filles, Mauvais Garçons. Les plus hype d'entre vous auront fait le lien avec Serge Gainsbourg. Alors, pourquoi avoir choisi ces titres?
Bon, reconnaissez qu'ils sonnent bien, non? Et qu'ils reflètent exactement le contenu de ce blog?22.11.05
Dis-moi ce que tu lis...
Je pensais à "Au coeur des ténèbres" de Conrad, que je compte terminer cette semaine, et je me demandais ce que les visiteurs de notre blog avaient actuellement sur leur table de chevet... Je vous propose donc un petit échange d'horizons littéraires.
En ce qui me concerne, le roman de Conrad me semble bizarrement distant quand je le lis et envoûtant quand j'y pense. Le fleuve qui avale le vapeur du protagoniste, les bruits inquiétants de la jungle et le mystérieux Colonel Kurtz sont comme un brouillard qui empêcherait de voir ce qui se trouve devant nous mais qui épargnerait les hauteurs.
Voilà ma contribution, à vous de jouer!17.11.05
Haute Trahison
Hier soir, nous avons peaufiné la traduction que je trainais du poème de Dylan Thomas, And death shall have no dominion. L'exercice est périlleux, et le résultat appelle certainement la critique.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Les morts nus pourront s'unir
Avec l'homme dans le vent et la lune d'Occident;
Quand leurs os becquetés seront propres et leurs os s'en allant,
Ils auront des étoiles au coude et au pied;
Même s'ils deviennent fous ils seront sains en for,
Même s'ils coulent à pic en mer ils remonteront encore;
Même si les amants s'égarent l'amour aura demeuré;
Et la mort n'aura pas d'empire.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Gisant dans les méandres écumants
Ils ne mourront pas dans les vents;
Tournant sur des râteliers quand s'éteint la vigueur,
Sanglés à une roue, ils ne se briseront;
La foi dans leurs mains se cassera en deux,
Et les démons unicornes afflueront en eux;
Fendus de toutes parts ils ne craqueront,
Et la mort n'aura pas d'empire.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Jamais plus le cri des mouettes à leurs oreilles
Ni le sourd déferlement des vagues sur les rives;
Où éclatait une fleur aucune fleur jamais
Ne lèvera plus la tête aux rafales de la pluie;
Même s'ils sont fous et morts comme des clous,
Les plus grands personnages émergeront des chrysanthèmes;
Poindront au soleil jusqu'au soleil couchant,
Et la mort n'aura pas d'empire.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Les morts nus pourront s'unir
Avec l'homme dans le vent et la lune d'Occident;
Quand leurs os becquetés seront propres et leurs os s'en allant,
Ils auront des étoiles au coude et au pied;
Même s'ils deviennent fous ils seront sains en for,
Même s'ils coulent à pic en mer ils remonteront encore;
Même si les amants s'égarent l'amour aura demeuré;
Et la mort n'aura pas d'empire.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Gisant dans les méandres écumants
Ils ne mourront pas dans les vents;
Tournant sur des râteliers quand s'éteint la vigueur,
Sanglés à une roue, ils ne se briseront;
La foi dans leurs mains se cassera en deux,
Et les démons unicornes afflueront en eux;
Fendus de toutes parts ils ne craqueront,
Et la mort n'aura pas d'empire.
Et la mort n'aura pas d'empire.
Jamais plus le cri des mouettes à leurs oreilles
Ni le sourd déferlement des vagues sur les rives;
Où éclatait une fleur aucune fleur jamais
Ne lèvera plus la tête aux rafales de la pluie;
Même s'ils sont fous et morts comme des clous,
Les plus grands personnages émergeront des chrysanthèmes;
Poindront au soleil jusqu'au soleil couchant,
Et la mort n'aura pas d'empire.
9.11.05
Loup y es-tu?
Vous vous souvenez de mon fabuleux article sur le modèle social scandinave? Eh bien je persiste avec cette nouvelle effarante: la Commission veut empêcher nos gentils chasseurs finlandais de tuer les méchants loups qui rôdent autour de leurs huttes en crottes d'élan et tuent les phoques ! Sans aucun égard pour l'écosystème local. Si ça ce n'est pas de l'acharnement...8.11.05
Le Concert
Hier soir, nous sommes sortis à Bozar. Zimmermann, Schieff et Zacharias y jouaient deux trios de Schubert, l'opus 99 et l'opus 100: deux tubes! C'est hier seulement, il était temps, que je me suis rendu compte que ce genre de morceau était un discours, composé de phrases... et qu'il n'était pas nécessaire de comprendre toutes les phrases pour ressentir les émotions transmises par les interprètes. L'opus 100 est une lutte tragique, une rupture sans issue. C'est l'orage et ses éclaircies, la tempêtes et ses accalmies, le parcours d'un homme sur une brèche. C'est en cela qu'on peut le rapprocher des tableaux de Nicolas De Staël, et particulièrement de ce Concert, resté inachevé. Ils m'inspirent ces deux vers:Lutter contre le chaos et l'oubli,
crier dans le silence, étourdi.
6.11.05
Natürlich!
Cette semaine, j'ai profité de la rétrospective Louis Malle au Musée du Cinéma pour voir Ascenseur pour l'Echafaud et Zazie dans le métro (à partir du roman de Queneau). Deux films très différents mais avec un humour foisonnant et efficace...avec ce petit charme rétro qui me plaît tant. La petite Zazie crève l'écran, avec ses dents manquantes et ses questions désarmantes car pas du tout naïves...à voir ou revoir sans hésiter!1.11.05
According To Plan
Le sentiment qui m'étreint en sortant des Noces Funèbres, c'est l'absence de surprise...et la peur. Tout se passe absolument comme prévu dans le dernier Burton. Le personnage principal a la tête de Johnny Depp, le film est saturé de l'univers burtonien, les morts sont plus sympathiques que les vivants. Bref, Burton tourne en rond. Ceci dit, le film fonctionne plutôt bien pour les amateurs (dont je fais partie), et déroule son histoire sans accroc sur une BO morbide. Je dois quand même avouer que j'ai un peu peur. L'imaginaire de mon réalisateur favori semble bien moribond... A ceux qui accueillent de façon mitigée ce dernier opus, je conseille de revenir aux sources de Vincent...
