28.11.06
Don't be a Loser, don't be a Freak Neither
En voyant Little miss sunshine, le succès (inattendu?) de l'automne au cinéma, j'ai pensé à Freaks (la monstrueuse parade), le chef d'oeuvre de Tod Browning. Les deux films présentent la perception de la monstruosité dans une société civilisée, à soixante ans d'écart. Sans l'avoir vu et pour faire court, je crois savoir que Tod Browning, dans un film qui a fait beaucoup parler de lui, veut inverser le regard porté sur les monstres en jouant sur le couple monstruosité plastique/beauté morale incarné par les monstres de cirque, et son inverse incarné par le personnage de Cléopatre.
Little Miss Sunshine s'inscrit dans la continuité du cinéma indépendant américain qui décrit des personnages atypiques trainés dans une aventure commune. Il y a le grand père cocainomane, le père qui écrit des livres sur la réussite et qui n'ont aucun succès, la mère débordée et conciliante, l'oncle homosexuel perdu, et les deux enfants. Le premier est mutique, il a décidé d'arrêter de parler tant qu'il ne serait pas aviateur, la seconde, Olive, fait des concours de beauté pour petites filles.
Quel rapport avec la monstruosité? On le trouve à la fin du film, lorsqu'Olive , binoclarde et aux rondeurs enfantines arrive enfin au concours de beauté et se trouve confrontée aux barbies de concours, et qu'elle finit par danser sur "super freak" de Rick James. En 2006, la monstruosité et l'anomalie ont changé de camp: elles sont devenues l'idéal à atteindre et non plus le repoussoir confortant sa propre normalité. C'est en effet chaque jour, dans chaque publicité, que nous sommes poussés à ressembler aux monstres de beauté passées par le filtre de photoshop.
18.11.06
Daylight Music
Alors ça, c'est tout moi. Je découvre (grâce à mon cher-et-tendre et aussi Libération) un groupe absolument génial, et je le garde rien que pour moi. Je m'en vais vous mettre à la page de ce pas.The Konki Duet: trois filles (Duet parce que d'abord, elles n'étaient que deux) un peu touche-à-tout qui viennent des quatre coins du monde. En passant, elle est stupide cette expression, vu que la terre n'est pas carrée. Bref.
The Konki Duet: plein d'instruments différents et des univers sonores enchanteurs. Comme un globe de verre qui reflèterait un soleil d'hiver. Car c'est clairement une musique hivernale, où l'on discerne les gouttes de pluie, le souffle du vent, la neige moelleuse. Et qui donne envie d'un chocolat chaud, bizarrement.
The Konki Duet: des influences riches et des idoles qui ont la classe (voir l'article sur Johnny Cash pour la définition de "la classe"). Au-delà de l'envie de se recroqueviller et de retrouver la vieille boîte à musique de mes jeunes années, les chansons des Konki transmettent le sentiment que la réalité peut être transfigurée, qu'il existe un côté féérique dans le simple fait d'être en vie.
16.11.06
Vidéo de la Semaine: Couleur Café
La modernité à la papa, dis-moi, dis-moi...c'est un petit peu kitsch... mais ça ne vieillit pas!!
6.11.06
Vu au Show Off
Le Show off de la FIAC se tenait à l'espace Pierre Cardin, près des Champs-Elysées. On s'y est promené comme de vrais acheteurs... Pourquoi ne pas vous faire part de nos quelques coups de coeurs (parmi la profusion d'oeuvres)?
Près de l'entrée, on tombait sur quelques sculptures de Fabio Viale, dont cette revisitation de la Pietà de Michelangelo. Un corps qui souffre d'avoir été détaché de force à la scie sauteuse.

On a été surpris par ce montage d'Andreas Gefeller, fait de 200 photos d'un carrelage, d'une beauté formelle.

Aspirés par les transgressions des lois de la perspective, on a pu apprécier les photographies de Raïssa Venables.

Et voilà enfin une photographie d'Edward Burtynsky. Ce n'est pas celle qui était présentée au Show Off, mais pourquoi s'en priver?
Près de l'entrée, on tombait sur quelques sculptures de Fabio Viale, dont cette revisitation de la Pietà de Michelangelo. Un corps qui souffre d'avoir été détaché de force à la scie sauteuse.

On a été surpris par ce montage d'Andreas Gefeller, fait de 200 photos d'un carrelage, d'une beauté formelle.

Aspirés par les transgressions des lois de la perspective, on a pu apprécier les photographies de Raïssa Venables.

Et voilà enfin une photographie d'Edward Burtynsky. Ce n'est pas celle qui était présentée au Show Off, mais pourquoi s'en priver?

