24.6.07
Dans le Ventre du Messager
Hier, nous avons visité l'expo d'Annette Messager à Beaubourg. L'oeuvre que nous retiendrons est l'installation spectaculaire Casino, qui avait représenté la France à la biennale de Venise en 2005.Un voile de soie rouge sang est tendu sur tout le sol d'une pièce obscure entièrement consacrée à l'oeuvre. Un système de soufflerie fait respirer de façon irrégulière le tissu, comme le ventre d'un monstre, parfois éclairé par des structures gonflables, chères à l'artiste. D'étranges formes, qui semblent vouloir piquer la chair du monstre, descendent sur la toile et remontent épisodiquement. Certaines ne la toucheront jamais. Sur le souffle originel est souvent projeté l'image d'une horloge donnant l'heure réelle. Derrière la toile et l'ouverture par laquelle se déverse le souffle/sang, on aperçoit une forme indistincte qui peut faire penser à une sculpture primitive, une déesse de la fertilité.
L'oeuvre est impressionnante tant par la taille que par les émotions qu'elle provoque. Le spectateur est comme transporté dans des entrailles étrangères, comme un foetus, mais est également confronté à sa propre condition d'être fait de chairs et de sang. Les évènements réguliers (le souffle, l'horloge, l'éclairage, la statue/déesse) lui rappellent que sa vie ne tient qu'à la répétition et la permanence d'actions qui lui échappent: le temps qui passe, la procréation, le soleil qui se lève, les battements de son propre coeur.
Charmants Minois Minaudants
OK, c'est encore un groupe de filles (cf. l'article fabuleux sur les Konki Duet), j'avoue que je suis un peu dans ma période "voix haut perchées toutes claires et mélodies simplissimes"... Au Revoir Simone, c'est tout ça (mais tellement plus!).Nous revenons tout juste du concert que les trois gracieuses new-yorkaises donnaient au Trabendo. Arrivées après deux sets de groupes inconnus de nous et de la majeure partie du public, elles décrochent sans conteste la palme pour l'ambiance et la créativité. L'oeil aguicheur, la lèvre légèrement tombante et le sourire jusqu'aux oreilles, les protégées de David Lynch se sont démenées pour offrir des morceaux bien plus dansants et énergiques que sur les versions studio de The Bird of Music. Les sautillements d'Annie (au milieu sur la photo) et ses fréquents headbangings y sont pour beaucoup!
Mêlant des paroles bucoliques et parfois sombres à des mélodies toutes électroniques et enfantines, Au Revoir Simone a totalement séduit son public. Applaudies comme de vraies stars, elles nous laissent tout sourire, charmés par leur simplicité enrobée d'innocence et d'une fausse naïveté à laquelle on a envie de croire.

