18.1.06

 

Captation du Temps qui Passe

Le 26 octobre 2005, à 18 heures, Eugénie Fraische est de promenade au Parc, comme chaque après-midi après l'école. Depuis peu, elle a remarqué que le temps passait plus vite si on lui prêtait attention. Or, Eugénie dit vouloir vieillir, pour avoir le droit de louer un voilier miniature et de faire des clafoutis toute seule, sans Annie, sa mère.
Cet après-midi là, elle dit avoir vu une très vieille dame, avec un visage « comme la lune », la regarder de loin. Eugénie est intriguée par ce qui est vieux. Elle remarque alors que les oreilles de l'ancienne sont comme les siennes, légèrement décollées et très hautes. Elle décide que cette femme, Adèle Dollet, retraitée de l'Enseignement, sera son autre dans le troisième âge.
Adèle Dollet a par la suite rapporté qu'une jeune enfant est venue lui prendre la main par un après-midi d'automne, pour l'amener jusqu'au bord du plan d'eau. Là, elle aurait contemplé leurs deux reflets, jusqu'à ce qu'un long cheveu roux tombe sur leur surface.
Persuadée que la chute d'un de ses cheveux était le signe irréfutable de sa vieillesse, Eugénie a lâché la main de Mme Dollet et a affiché un sourire radieux. L'heure des voiliers et des gâteaux était presque palpable maintenant.
P.S.: cette photo et cet exercice d'écriture ont été proposés par A. Korkos, via son blog La boîte à images.

Comments:
Bravo ! le meilleur texte du petit concours, à mon avis...
 
Merci! A bientôt sur la boîte à images...
 
Je me frotte lors de mes rondes, aux parois fines et transparentes de ce bocal ouvert sur le monde, sans jamais l’envie de m’en échapper. Observer à la loupe les histoires me suffit, car par les mots, l’eau de mon toit se fait plus vaste et il me semble apercevoir quelque part en surface, la coque cabossée d’un petit voilier de fortune, glisser paisiblement dans l’air doux du jardin. Deux mirettes enfantines, aux côtés d’un regard plus sage, me fixent à travers l’eau claire, lorsqu’une boucle de cheveu malicieuse, échappée de sous le chapeau de paille trop encombrant de l’écolière, vient brouiller d’une ondulation toute printanière, la surface de l’eau et fait s’enfuir dans un sursaut, le petit visage espiègle …Mais Ô, quel dommage de ne pouvoir accéder à la dite boite à images de l’auteur, ne reverrais-je donc jamais ma petite écolière aux tâches de rousseur… ?
 
Espiègle Eugénie... Elle a à peine remarqué le poisson multicoloré qui illuminait pourtant la surface de l'étang. Demain et après-demain encore, elle se penchera sur l'eau, pour observer les marques du temps sur son visage d'enfant. Peut-être le poisson doré fendra la paroi quelques secondes? Et l'ingénue de montrer du doigt sa bouche désormais orange...
 
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