30.10.06

 

L'orage

Rassasier les blés,
Se ressaisir et attendre
Que l'orage se meuve,
Que le ciel mauve
S'estompe – au loin.
Et toujours « faire corps avec la terre »
Se fondre au décor,
Attendre le naufrage, les éclairs
L'échange des ions!
Régler aussi l'humeur
A l'heure de l'humus,
A sa démesure.
Nous ferons l'autopsie
De ma raison,
Son oraison funèbre!
Nous déchanterons,
Au son des cantiques
Futiles qui résonnent.
Et nous égrainerons les sons,
Quand le jour s'éteindra,
A la recherche du mot
Qui sonne juste.

Peinture de Katarina Monnier, L'orage.

24.10.06

 

VII - Philip

Ses lèvres étaient douces, plus lisses que celles de Claire. Une petite lycéenne en mal d'aventure prend pitié d'un pauvre gars et décide comme ça qu'un simple baiser suffira. C'était bon, l'espace d'un instant seulement, comme quand Isabel avait cassé le vase préféré de Maman pour se faire gronder avec moi. Certaines filles prendraient en pitié la terre entière, si on les laissait faire. Mais Isa s'était éloignée, heureusement, et je ne lui inspirais plus qu'un profond sentiment de regret.
Le trajet vers la maison fut trop court pour que je me prépare à l'épreuve qui m'attendait. Ils étaient tous là et pendant un moment je ne reconnus même pas mes propres enfants, fascinés par l'aura de leur grand-père. En embrassant ma soeur, je lui glissai à l'oreille à quel point cette mascarade me révulsait. Je lus sur son visage une crispation trop connue mais elle ne répondit pas. J'avais interrompu le rituel du discours: Papa venait de se lever - avec une difficulté visible et douloureuse - et finissait apparemment son couplet sur la disparition brutale de Maman. Il était clair pour nous tous que sa mort avait déclenché son déclin mental et physique, mais son charme et son pouvoir n'avaient pas été entamés.
Après avoir évoqué la joie de nous voir assis ensemble, et regretté l'inévitable rareté de ces réunions, nous nous apprêtions à applaudir et à lever nos verres, mais il resta debout, affaibli et tremblant, et je crus un instant qu'il nous révèlerait le secret qui le rongeait et que chacun de nous soupçonnait depuis des lustres sans se l'avouer, et tandis qu'il se rasseyait silencieux, sans un regard pour ses enfants, je vis Andy et Dolores expérimenter l'art du baiser le plus discrètement et le plus sagement possible.

 

Angola, Louisiane

Résumé des épisodes précédents: Martin Gray organise la première réunion de famille depuis la mort de sa femme, où se retrouveront ses trois enfants et leurs familles. Sa petite fille Dolorès voyage avec ses parents, Sonny et Helen. Ils finissent par arriver après avoir parcouru plusieurs Etats. Pendant ce temps, un mystérieux navigateur tente d'atteindre la résidence qui accueille la réunion de famille. Au cours de son trajet, il croise la route d'un vieil homme, Jack, qui pêche dans les eaux douteuses du fleuve. Les enfants arrivent les uns après les autres: Philip n'a pas l'air pressé, tandis que sa femme Claire accueille Isabel, qui a dû traverser l'océan Atlantique. Le temps passé n'a pas effacé les tensions dans la fratrie, nourries par les secrets d'un père écrasant. La Louisiane, un ciel bleu, une nature omniprésente en toile de fond d'une histoire familiale universelle.

21.10.06

 

Charlotte...


Cajolée Carlottina
Hello Los
Angeles, lèvres
Rubis et
Lullabies d'
Or, à poings fermés.
Trick or treat?
Tout sourit, s'
Etire dans tes yeux.

11.10.06

 

Politique, Fiction et Serial Killers

Depuis quelques semaines, on ingurgite régulièrement les épisodes des deux premières saisons de Desperate Housewives, LE soap de qualité supérieure. Devenus accros aux péripéties policières et sentimentales mi-réalistes mi-niaises des personnages, on a tendance à oublier ce qui sépare la fiction de la réalité... ce qui peut provoquer des connexions inédites.

Briefing pour ceux qui ont la tête ailleurs: quatre femmes vivent esseulées dans une banlieue américaine. Bree, veuve rouquine, conservatrice et amatrice d'armes à feu, perd toutes ses certitudes: son mari est maso, son fils est homo, sa fille fricote avec un noir et elle s'est mise à la bouteille. Son mari s'est fait empoisonner par son propre pharmacien, qui est fou amoureux de Bree. Georges Williams - c'est son nom - est donc le Norman Bates de service, un Norman Bates qui fait... du vélo et qui n'est pas bien grand.

Et la connexion s'impose d'elle-même. Un type nerveux, pas grand, qui fait du vélo et qui est prêt à tuer père et mère pour que tout se passe comme il l'a prévu, ça ne vous rappelle pas quelqu'un? Vraiment pas??
Bon, je vois qu'on s'est compris: c'est Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom...

9.10.06

 

Johnny Cash 1 - Ray Charles 0

Il a la méga classe, Johnny Cash. Genre: il va à la prison de Folsom pour chanter son hymne au meurtre et aux pilules qui font oublier le meurtre. Avec en arrière-plan le directeur de la prison trop vénère. Et lui, il s'en fout, il continue sa petite ritournelle. Trop la classe.
A côté, Ray Charles il tient pas trente secondes. Attention, je parle pas du talent, ouh là non je ne suis pas spécialiste des deux compères! Juste des deux films-hommages (c'est un genre top hype en ce moment, Heart of Gold en dernier-né) Walk the line et Ray. Je vous l'accorde, il sont sortis en salle il y a des mois, mais nous on ne les a vus que récemment et puis flûte à la fin, si ça continue j'arrête tout!
Donc, le Ray il est méga doué pour faire danser les filles (voire plus si affinités...), y'a pas à dire. Avec Johnny, ils ont des tas de trucs en commun: les filles, la coke, la-mort-du-frère-quand-ils-étaient-petits-et-dont-ils-se-sentent-coupables, l'enfer de la désintox grâce à une femme toute angélique qui les soutient même au fond de l'abîme. Ben oui mais non. Dans Walk the line, on y croit à fond, au jeu de Joaquin Phoenix, carrément grandiose, et aux airs moralisateurs et un rien agaçants de Reese Whiterspoon. Par contre, Jamie Foxx, nada. Les scènes de son enfance suintent les intentions du réalisateur (regardez d'où il vient et où il est arrivé, enfin!) et le personnage de Ray Charles, on en vient à le détester. Moi, ça m'a collé l'envie de lui filer des baffes. C'est dit.


Cadeau bonus: un extrait du film Walk the line où Johnny Cash fout le feu à la prison de Folsom!

8.10.06

 

Heart of Gold



Une vidéo d'un petit jeune qui montait à l'époque! C'est Neil Young, et il a juste besoin d'un petit coup de pouce!

7.10.06

 

Ce blog est-il Mort?

Contrairement à ce qui a pu se lire dans la presse, s'entendre à la radio, et se voir à la télévision, ce blog n'est pas mort! en voilà la meilleure preuve: une vraie feuille d'automne, avec tout ce qui vous a plu dans "Vilaines filles, mauvais garçons" l'année dernière: de l'humour, de l'action, des pleurs, des images et des histoires en suspens...
Il a fallu quelques mois pour trouver un nouveau gîte, récupérer une nouvelle connexion internet, et boire assez de café pour se remettre à l'ouvrage. C'est donc à une véritable résurrection que nous assistons aujourd'hui! Et à une diversification du média: le public demande plus de vidéos, il y aura plus de vidéos, il demande la suite des aventures en Louisiane, il y aura la suite dans peu de temps!

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